Nom d’enseignant : Hamri Abdelwahab
Spécialité : Histoire générale
Classe : 3ème année
Module : Langue française
Groupe : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7
Date et jour d’envoi : Mardi18 Mai 2021
Cours : 08 : la renaissance (-suite - les grandes découvertes)
Grandes découvertes
Le planisphère de Cantino réalisé en 1502 est la plus ancienne représentation des voyages de Christophe Colomb dans les Caraïbes, de Gaspar Corte-Real à Terre-neuve, de Pedro Álvares Cabral au Brésil et de Vasco de Gama en Inde. Le méridien du traité de Tordesillas est représenté.
Représentation géographique
Dans le monde cultivé des universités occidentales, on avait conscience depuis l’intégration des systèmes de l’antiquité grecque (Claude Ptolémée, Aristote, Ératosthène), c’est-à-dire depuis les xiie et xiiie siècles, que la Terre était ronde. Cette représentation n’était pas encore très diffusée dans la société occidentale avant le xve siècle.
Entre les xiie et xve siècles, les informations géographiques se sont enrichies considérablement à partir d'un ensemble de sources, incluant, outre les philosophes et géographes grecs déjà cités, l’astronome arabe Al-Farghani, l’explorateur vénitien Marco Polo (voyages en Asie), le cardinal français Pierre d'Ailly (auteur de l’Imago Mundi, publié en 1410, imprimé en 1478).
Avant la Renaissance, on se représentait donc, dans les milieux cultivés, la terre comme sphérique, les terres émergées connues (Europe, Asie, Afrique) occupant l'hémisphère nord, dans un secteur d'environ 180 °[réf. nécessaire].
On savait donc qu’il était théoriquement possible d’atteindre l’Asie sans passer par le bassin oriental de la Méditerranée et le Moyen-Orient, occupés par les Turcs, après la prise de Constantinople (1453), soit en contournant l’Afrique par voie de mer en passant au sud, soit en allant vers l’ouest.
La découverte de l'héliocentrisme, objet de nombreux débats, n’a pas eu d'influence pendant la Renaissance : Nicolas Copernic fit publier ses thèses héliocentristes à sa mort en 1543, mais celles-ci furent interdites en 1616 puis « enterrées » au moment de l’affaire Galilée (1633, pendant la guerre de Trente Ans) jusqu’au milieu du xviiie siècle. Il serait donc inexact de parler de révolution copernicienne pour la Renaissance, même s’il y eut effectivement un changement important de représentation du monde.
Techniques de navigation et cartographie
De nouveaux procédés techniques permirent la soutenabilité des explorations maritimes des grandes découvertes. La boussole fut importée de Chine. L’astrolabe est utilisé pour la première fois par Christophe Colomb. Le loch permit d'estimer la vitesse de déplacement d'un navire.
Le Sextant remplace l'octant et l'astrolabe au xviiie siècle. La caravelle est déjà inventée par les Portugais au début du xve siècle, c'est-à-dire à la fin du Moyen Âge, ce type de navire fut utilisé dans les grandes découvertes par les explorateurs européens. Ils permettaient de s’aventurer plus loin des terres. Mais on ne connaissait pas bien la distance à parcourir. La cartographie connut de grands développements avec par exemple Fra Mauro à Venise, dès le xve siècle, qui correspondit avec Henri le Navigateur, ce qui permit aux explorateurs européens de partir à la découverte du monde. En retour, les explorations fournirent de nombreux relevés cartographiques, qui firent avancer cette discipline, avec notamment la projection de Mercator, en 1569.
Exploration maritime
Des expéditions chinoises s’étaient lancées aussi à l’assaut des océans à partir de 1405 avec des explorations vers les côtes de l'Asie du Sud-Est, de nombreuses îles de l'océan Indien, et l'Afrique de l'Est, sous la conduite de l'amiral Zheng He, mais furent arrêtées par l’administration chinoise.
Du côté européen, on cherchait des voies commerciales alternatives aux routes commerciales continentales comme la route des épices, après la prise de Constantinople (1453), par les Ottomans, et leur domination sur l’est du bassin méditerranéen.
Une première phase des grandes découvertes est ouverte, dès le xve siècle, par les navigateurs portugais qui, sous l'impulsion de Henri le Navigateur, lancent des expéditions en vue de contourner l'Afrique. Vasco de Gama découvre l'Inde (1497-1498) (Inde), Cabral découvre le Brésil (1500).
De son côté, l'Espagne envoya ses propres navigateurs : Christophe Colomb vers l'Amérique (trois voyages à partir de 1492), Magellan (tour du monde), Amerigo Vespucci (Amérique du Sud), qui donnera (involontairement) son nom au nouveau continent (voir plus bas)…
Le traité de Tordesillas (1494) définissait une ligne de partage entre colonies espagnoles et portugaises en Amérique. Le traité de Tordesillas lésait les nations autres que l'Espagne et le Portugal, ce qui provoqua le phénomène des corsaires. Le plus célèbre, Francis Drake, accomplit la deuxième circumnavigation de l'histoire après Magellan (1577-1580).
Le terme « Amérique » fut attribué en 1507 dans la ville de Saint-Dié (actuellement Saint-Dié-des-Vosges), par une assemblée savante, le Gymnase vosgien, composé de géographes. Le nom du nouveau continent fut composé à partir du nom du navigateur Amerigo Vespucci.
Le navigateur français Jacques Cartier partit vers le Canada (1534). Les navigateurs britanniques étaient souvent des corsaires.
François Xavier atteignit la Chine et le Japon en 1549-1551.
Ces explorations enrichirent considérablement les relevés cartographiques (voir Mercator).
Elles permirent d’identifier de nouvelles terres émergées et d’affiner les contours des continents.
Conséquences économiques
La première conséquence économique de la découverte du Nouveau Monde fut un afflux considérable de métaux précieux. On emploie de plus en plus l'or, l'argent, le fer, le cuivre, en majorité ramenés du nouveau monde. L'essentiel fut converti en monnaie, entraînant une hausse sensible des prix. On estime qu'entre 1450 et 1550, la masse monétaire en Europe a été multipliée par huit.
La deuxième conséquence est que l'Espagne, pays dominant de cette période, a acquis sa puissance politique, économique, et militaire non par le travail de ses habitants, mais par l'accès à un stock de monnaie.
Cette situation va donner naissance à un courant de pensée économique appelé mercantilisme, qui dura tout au long des xvie et xviie siècles.
Plus particulièrement, le courant de pensée cherchant à définir la richesse à partir de la quantité d'or détenue s'appelle le bullionisme. Adam Smith, le père fondateur de l'économie moderne, critiqua vivement le mercantilisme dans la Richesse des Nations (1776), non que le commerce des colonies lui déplût, mais il y voyait une richesse essentiellement princière.