Nom d’enseignant : Hamri Abdelwahab

Spécialité : Histoire générale

Classe : 3ème année

Module : Langue française

Groupes : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7

Semestre : 02

Date et jour d’envoi : Lundi 12 avril 2021

Cours : 1 : La fin de l’empire romain et le début du Moyen Âge

Fin de l'Empire romain

 

Généralités

 

Carte des mouvements de population aux ive (4) et ve (5) siècles

 

L'Empire romain atteignit son extension territoriale maximale au iie (2) siècle mais il perdit progressivement le contrôle de ses territoires frontaliers durant les deux siècles qui suivirent. Les problèmes économiques et les pressions extérieures provoquèrent une grave crise politique au iiie siècle durant laquelle les empereurs accédaient au pouvoir par la force et en étaient rapidement chassés. Les dépenses militaires augmentèrent fortement notamment du fait des guerres contre les Sassanides en Orient. La taille de l'armée doubla mais sa composition vit la disparition progressive de l'infanterie lourde au profit de la cavalerie et de l'infanterie légère tandis que les légions furent remplacées par des unités plus petites. Cet accroissement des dépenses militaires entraîna une augmentation des impôts et un appauvrissement des classes inférieures comme les décurions.

 

Pour faire face à ces difficultés, l'empereur Dioclétien (r. 284-305) décida en 286 de diviser administrativement l'Empire en deux moitiés, l'une orientale et l'autre occidentale qui furent à leur tour subdivisées en deux. Chacune de ces quatre régions possédait un empereur qui formait la Tétrarchie. Malgré cette gouvernance quadruple, il ne s'agissait pas d'un éclatement de l'Empire et les zones correspondaient plus à des zones d'influence ou à des théâtres militaires qu'à des entités indépendantes. Après une guerre civile, Constantin Ier (r. 306-337) réunifia l'Empire en 324 mais il fut contraint de réinstaurer une tétrarchie peu avant sa mort. Il décida de faire de Byzance qu'il renomma Constantinople la nouvelle capitale de l'Empire. Grâce aux réformes de Dioclétien, la bureaucratie et la défense de l'Empire fut améliorée mais elles ne résolurent pas les problèmes structurels qu'il connaissait dont notamment une imposition excessive, une démographie déclinante et les agressions extérieures. La situation politique resta instable tout au long du ive siècle et l'affaiblissement de la défense des frontières causées par les luttes de pouvoir entre empereurs permit à des « tribus barbares » de s'implanter au sein de l'Empire. La société romaine s'éloigna de plus en plus de ce qu'elle était durant la période classique (en) avec un écart grandissant entre riches pauvres et un déclin des petites villes. Une autre évolution importante de la période fut la conversion de l'Empire au christianisme qui devint religion officielle en 381. Cette christianisation ne se fit pas sans difficultés et fut marquée par de nombreuses persécutions et l'opposition entre les différents courants théologiques.

 

En 376, les Ostrogoths, qui fuyaient l'avancée des Huns, furent autorisés par l'empereur Valens (r. 364-378) à s'installer dans la province romaine de Thrace dans les Balkans. La gestion par les Romains de leur implantation et de leur admission en tant que peuple fédéré fut calamiteuse et les Ostrogoths se mirent à piller la région. Alors qu'il tentait de ramener l'ordre, Valens fut tué lors de la bataille d'Andrinople en 378 et les Ostrogoths s'implantèrent de manière autonome au sein de l'Empire. En 400, les Wisigoths envahirent l'Empire d'Occident et pillèrent Rome en 410. D'autres peuples firent de même et les « invasions barbares » virent la migration de nombreuses populations essentiellement germaniques dans toute l'Europe. Les Francs, les Alamans et les Burgondes s'installèrent dans le nord de la Gaule, les Angles, les Saxons et les Jutes s'implantèrent en Grande-Bretagne tandis que les Wisigoths et les Vandales fondèrent respectivement des royaumes en Hispanie et en Afrique du Nord. Ces mouvements de population étaient en partie causée par l'avancée vers l'ouest des Huns qui, menés par Attila (r. 434-453), pillèrent les Balkans en 442 et 447, la Gaule en 451 et l'Italie en 452. Les Huns restèrent menaçants jusqu'en 453 quand l'Empire hunnique s'effondra à la mort de son chef. Ces invasions bouleversèrent profondément la nature culturelle, politique et démographique de l'Empire romain d'Occident.

 

Au ve siècle, la partie occidentale de l'Empire se divisa en petites entités autonomes gouvernées par les tribus qui s'y étaient installés au début du siècle. Les empereurs de cette période avaient généralement peu d'influence et la plus grande partie du pouvoir appartenait à des généraux d'origine barbare comme Stilicon (d. 408), Aspar (d. 471) ou Ricimer (d. 472). La déposition du dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule par le chef ostrogoth Odoacre en 476, est traditionnellement utilisée pour marquer la fin de l'Empire romain d'Occident et par extension celle de l'Antiquité. Même s'il survécut aux invasions barbares, l'Empire romain d'Orient, devenu Empire byzantin, fut fortement affecté et fut incapable de reprendre le contrôle des territoires perdus. Au vie siècle, l'empereur Justinien (r. 527-565) parvint à reconquérir l'Afrique du Nord et la péninsule italienne mais ces territoires furent reperdus au siècle suivant.

Moyen Âge

Définition

 

Le Moyen Âge est l'une des trois principales périodes historiques utilisées pour analyser l'histoire de l'Europe avec l'Antiquité et l'époque moderne1. Les auteurs médiévaux divisaient l'Histoire en périodes inspirées de la Bible comme les « six âges du monde » et considéraient que leur époque était la dernière avant la fin du monde. Lorsqu'ils évoquaient la période dans laquelle ils vivaient, ils la qualifiaient de « moderne». Dans les années 1330, l'humaniste et poète Pétrarque qualifiait l'époque pré-chrétienne d'antiqua (« ancienne ») et la période chrétienne de nova (« nouvelle »). Le Florentin Leonardo Bruni fut le premier historien à utiliser un découpage en trois périodes dans son Historiarium Florentinarum de 1442 car il considérait que le développement de l'Italie l'avait fait changer d'époque par rapport à celle de Pétrarque. L'expression de « Moyen Âge » apparut pour la première fois en latin en 1469 sous la forme de media tempestas (« saison intermédiaire ») puis de medium aevum (« moyen âge ») en 16047. La division en trois périodes de l'histoire fut popularisée au xviie siècle par Christoph Cellarius et est depuis devenue la norme.

L’émergence de l’époque médiévale (généralités) :

Le Moyen Âge est une période de l'histoire de l'Europe, s'étendant du ve siècle au xve siècle, qui débuta avec le déclin de l'Empire romain d'Occident et se termina par la Renaissance et les Grandes découvertes. Située entre l'Antiquité et l'époque moderne, la période est subdivisée entre le Haut Moyen Âge (viexe siècle), le Moyen Âge central (xiexiiie siècle) et le Moyen Âge tardif (xivexve siècle).

Moyen âge ou moyen-âge [mwajDnAF] n. m.

ÉTYM. 1640; comp. d'âge, III., et de 1. moyen, p.-ê. d'après l'angl. middle ages.

REM. On écrit moyen âge, Moyen âge, Moyen Âge, moyen-âge, Moyen-âge, Moyen-Âge.

¨ Période comprise entre l'antiquité et les temps modernes, traditionnellement limitée par la chute de l'Empire romain d'Occident (476) et la prise de Constantinople (1453). | Antiquité, moyen âge et temps modernes ( Archéologie, cit. 3). | Le haut moyen âge : la partie la plus ancienne (avant les xi-xiie siècles). | Les hommes, les villes… du moyen âge. è Médiéval. | Société du moyen âge. è Chevalerie, croisade, féodalité (cit. 2); corporation, foire (cit. 1). | Philosophie, scolastique, littérature du moyen âge (farce, fatrasie [cit. 1], geste, jeu, miracle, moralité, mystère, roman, sotie…). | Œuvres du moyen âge ( Envisager, cit. 9; fable, cit. 14). | Arts, styles du moyen âge. è Gothique (cit. 10), roman. | Le retour au moyen âge est l'un des caractères du romantisme ( Fantastique, cit. 5; littérature, cit. 13). | Spécialiste du moyen âge. è Médiéviste.

 1  Le xixe siècle a bien vengé le moyen âge des mépris du xviiie; et la féodalité honnie et proscrite a repris dans notre littérature le sceptre qu'elle portait autrefois.

Balzac, le Feuilleton, xlvii, Œ. diverses, t. I, p. 440.

 2  Revenons à Paris et au quinzième siècle. Ce n'était pas alors seulement une belle ville; c'était une ville homogène, un produit architectural et historique du moyen-âge, une chronique de pierre. C'était une cité formée de deux couches seulement, la couche romane et la couche gothique, car la couche romaine avait disparu depuis longtemps (…)

Hugo, Notre-Dame de Paris, III, ii.

 3  Le terme même de Moyen-âge est le plus impropre qui soit et je voudrais lui voir substituer, surtout en ce qui touche la France, celui de Premier Âge. Il nous a été imposé par les humanistes de la Renaissance, qui ont envisagé ce temps comme la transition entre l'Antiquité classique gréco-romaine et l'époque qui prétendait l'avoir ressuscitée. Le vilain monstre Ignorance, l'appellera Ronsard.

Gustave Cohen, la Grande Clarté du Moyen-âge, Introduction.

 4  Le Moyen âge était donc devenu (au xviie s.) une réalité incontestable pour les historiens. Elle le resta, malgré leurs différences sur sa signification : perversion de l'Église dans la conception protestante, des lettres et des arts dans la conception classique (…) antithèse de la raison dans la philosophie du xviiie siècle, âge d'or dans le romantisme catholicisant issu de Schlegel.

É.-G. Léonard, in Encycl. Pl., Préface, Hist. universelle, t. II, p. x.

¨ Par appos. ou adj. (1835; vieilli depuis la création de moyenâgeux). | Costume moyen âge. è Moyenâgeux.

 5  (…) il y a bien tantôt trois semaines de cela, le roman moyen-âge florissait principalement à Paris et dans la banlieue… Ce n'étaient qu'ogives, tourelles colonnettes, verrières coloriées, cathédrales et châteaux forts (…)

Th. Gautier, Préface de Mlle de Maupin, éd. crit. Matoré, p. 18.

DÉR. Moyenâgeux.

Pris de dictionnaire Le grand Robert livre numérique.

La dépopulation, la désurbanisation et les migrations de l'Antiquité tardive se poursuivirent durant le haut Moyen Âge et les envahisseurs barbares fondèrent de nouveaux royaumes sur les territoires de l'ancien Empire romain d'Occident. Même si la période fut marquée par de profonds changements sociétaux et politiques, la rupture avec l'Antiquité classique ne fut pas complète. La partie orientale de l'Empire romain survécut aux bouleversements géopolitiques de la période et resta une puissance de premier plan sous le nom d'Empire byzantin. Il perdit cependant une grande partie de ses territoires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord au profit des califats musulmans au viie siècle. À l'Ouest, la plupart des royaumes incorporèrent de nombreuses institutions romaines, tandis que l'expansion du christianisme fut marquée par la construction de nombreux monastères. Sous la dynastie carolingienne, les Francs établirent un empire couvrant la plus grande partie de l'Occident chrétien au ixe siècle avant de décliner du fait des tensions internes et des attaques vikings au Nord, hongroises à l'Est et sarrasines au Sud.

 

Après l'an mil, durant le Moyen Âge central, la population européenne augmenta fortement grâce à des innovations technologiques, qui permirent un accroissement des rendements agricoles. La société se réorganisa selon les systèmes de la seigneurie, l'organisation des paysans en communautés cultivant la terre pour le compte des nobles, et de la féodalité, la structure politique par laquelle les chevaliers et la basse-noblesse servaient dans l'armée de leur suzerain en échange du droit d'exploiter leurs fiefs. Cette dernière institution connut un déclin à la fin du Moyen Âge du fait des efforts de centralisation menés par les différents souverains dont l'autorité se renforça aux dépens de celle des seigneurs locaux. Les croisades, lancées pour la première fois au xie siècle étaient des expéditions militaires menées au nom de la foi catholique ; elles étaient principalement destinées à reprendre le contrôle de la Terre sainte aux musulmans mais visèrent également les croyances jugées hérétiques en Europe. La vie intellectuelle fut marquée par la scolastique cherchant à concilier la foi et la raison et par l'apparition d'universités dans les grandes villes. La philosophie de Thomas d'Aquin, les peintures de Giotto, la poésie de Dante et de Chaucer, les récits de Marco Polo et l'architecture des grandes cathédrales gothiques comme celle de Chartres sont parmi les plus grandes réalisations de cette période.

 

Le Moyen Âge tardif fut marqué par des famines, la peste noire et les guerres qui réduisirent fortement la population de l'Europe occidentale tandis que l'Église catholique traversa de profondes crises théologiques. Les changements culturels et technologiques de la période transformèrent néanmoins la société européenne et ouvrirent la voie à la Renaissance et à l'époque moderne.