Le cours de «Politiques Linguistiques et Aménagements Linguistiques» est un cours Semestriel pour les Masters 2, Spécialité didactique et linguistique. Chaque cours peut être éclaté sur deux à trois séances, ce qui nous fait 24 séances de 1h30 chacune.
Les supports sont variés :Tableau, Polycopiés, Power Point .Toutefois, le support Power point, nous l’exploitons rarement faute de moyens au DLCA de Bouira… et comme complément de cours, nous proposons aux étudiants des articles qui traitent des concepts étudiés en cours comme documents d’accompagnement.
Les exercices de TD sont aussi variés, nous les adaptons en fonction du besoin de l’étudiant (parfois les étudiants veulent revenir sur certaines notions du cours ; et là nous proposons des lectures - discussions des textes qui reviennent sur ces notions).Toutefois, cette année nous n’avons pas fait ce type d’exercices, faute de moyens ( pas de tirage, pas de papiers) au niveau de notre département .Nous avons alors remplacé les TD « analyse de textes » par des questions réponses avec les étudiants : nous leurs présentons un petit texte (qu’on leur dicte parfois), suivis d’un échange questions- réponses et se termine avec une production écrite à remettre le jour même ou la semaine d’après.
- Teacher: BERDOUS NADIA
I. Tasnalγa tamazi$t
Γer DUBOIS: «Tasnalγa d tusna i izerwen talγa n wawalen (tanfalit d usuddem) s temegla γef tesseddast i izerwen tiwuriwin n wawal…».[1]
Akken i d-yenna diγen «Tasnalγa daglam n yilugan i d-yessegzayen taγessa n daxel n wawal neγ tasnalγa d aglam γef yiwet n tikkelt n yilugan n teγssa n daxel n wawalen d yilugan yesdukulen uddusen deg tefyar..».[2]
Ihi tasnalγa d aḥric seg tjerrumt; d tafurkect i d-yefrurin seg tesnilest, d awal uddis yebḍa γef snat n tayunin timawalin ; “tssna” akked “talγa” txeddem tazrewt talγiwin i wawalen yellan deg tutlayt ama d amyag ama d isem, d taγult yessbadyen tuddsa n walγacem, tessemgired talγiwin n wawal tawsit (unti, amalay) amḍan (asuf, asget) addad (amaruz, ilelli)
Akken d aγen i tt-id-yesbadu MOESCHLER J. et AUCHLIN A. (2014 :59): «Tasnalγa tzerrew tamsukt tagensant n wawal».[3]
[1] DUBOIS (J.) et autre, Dictionnaire de linguistique et des sciences des langages, Ed. Larousse, Paris, 1994, p.311 «La Morphologie est l’étude des formes des mots (flexion et dérivation) par opposition à l’étude des fonctions à la syntaxe».
[2] Ibid, p.311 «La morphologie est la description des règles qui régissent la structure des mots, ou bien la morphologie est les descriptions à la fois des règles de la structure interne des mots et et des règles de combinaison des systèmes».
[3] «La morphologie est l’étude de la structure interne du mot».
- Teacher: DOUIK eps TIGRINE RAZIKA
- Teacher: Samira Louahab
berbère depuis (dans l'histoire) talliyin n tesnulfawalt.
1. Période de naissance orale, période scientifique de déclenchement et période universitaire et d'enrichissement dans plusieurs domaines amazigh.
1. Bien que les premiers néologismes remontent aux années 1945 et apparaissent dans les chants patriotiques composés par les militants berbéro-nationalistes (Ait Amrane, A. Laimech, Mnd Saïd Aiche, Ait Ahmed…). Cette période est très compliqué car il y a trop de manque matériel et juridique, la néologie reste dansles chants de révolution d'amour... Dans l'oralité
2. il faut attendre les années soixante-dix pour assister au déclenchement d’un mouvement néologique amazigh qui se poursuit de nos jours. Un agent symbole de la revendication identitaire et de la prise en charge de la langue amazighe est incontestablement M. Mammeri. Ses travaux : Tajerrumt n tmaziɣt (Grammaire berbère) et surtout l’Amawal furent le fer de lance de la production néologique berbère. Ce dernier (l’Amawal) ayant ouvert la voie est devenu l’ouvrage incontournable et l’instrument de base au- quel ont recours aussi bien les néologues berbérisants que d’autres utilisateurs : romanciers1, journalistes, etc. (A. Bouhdjar, 2005 : 03 ; M. Tilmatine, 1992 : 112-113).
Sans que la liste ne soit exhaustive, nous énumérons ci-après quelques matériaux néologiques2 produits avant de présenter un ensemble de traits essentiels qui les caractérisent :
- les pages lexicales du Bulletin de l’Académie berbère de Paris (à partir de 1967) ; - tajerrumt n tmaziɣt (grammaire du berbère) de M. Mammeri (1976) ;
- l’Amawal réalisé par un groupe de chercheurs (militants) sous la direction de M. Mammeri (1972-1974-1980) ;
1- Selon D. Abrous (1991 : 05), sur les 142 néologismes utilisés en commun dans les trois premiers romans écrits en kabyle, 101 sont puisés dans l’Amawal.
- le lexique français–berbère de mathématique réalisé en 1984 et publié dans la revue scientifique et pédagogique « Tafsut » ;
- quelques matériaux néologiques Touaregs (Mali, Niger) ;
- Tamawalt n usegmi (vocabulaire de l’éducation) de B. Boudris (1993) ; - le lexique juridique français-amazigh de Ahmed Adghirni (1996) ;
- le lexique de l’informatique français-anglais-berbère de S. Bouzefran (1996) ;
- le lexique scolaire, brochure du séminaire national des enseignants du berbère (Béjaia : 2000).
Et dans le cadre de la recherche universitaire, nous citons :
- le lexique religieux berbère et néologie de K. Naït Zerrad (1998) ;
- l’essai d’élaboration d’une terminologie de linguistique en Tamazight de A. A. Berkaï (2001) ;
- et contribution à l’élaboration d’un lexique berbère spécialisé dans le domaine de l’électronique de M. Mehrazi (2004).
divergences importantes dans les listes rendues publiques (Algérie, Maroc, Niger) ; - malgré ses insuffisances, certaines productions néologiques amazighes ont connu un franc succès au sein du public et des dizaines de néologismes ont été ainsi happés par une demande sociale pressante et se sont implantés seulement sous la pression de l’usage.
Les domaines où les lacunes se font sentir avec le plus d’acuité sont nombreux et concernent à peu près tous les secteurs de la vie et de la connaissance (M. A. Haddadou, 1985 : 241) :
- le vocabulaire des objets concrets ; - le vocabulaire relatif à la vie moderne ;
- et le vocabulaire conceptuel, scientifique et technique.
Ceux partiellement couverts par cette action néologique sont la grammaire, les sciences sociales (administration, politique, éducation, droit, religion, la géographie (document, inédit)…) les mathématiques (Algérie, Niger) et l’informatique.
Pour le cas d’Algérie, nous rappelons quelques travaux de création néologique qui ont été réalisés dans le cadre de la recherche universitaire : A. A Berkaï (2001), K. Naït Zerrad (1998) et M. Mehrazi (2004) auxquels nous ajoutons des initiatives individuelles prises en dehors de tout cadre institutionnel tel que le vocabulaire du bâtiment et des travaux publics mis sur le marché par A. Abdeslam et celui de l’électricité de M. Chemine (1996).
Aujourd’hui, cette action se poursuit avec un rythme relativement lent, mais constant. Ceci peut être expliqué par l’absence de pôles de normalisation et de coordination1 ayant une autorité dans le domaine, notamment en Algérie.
Au Maroc, Le CLA (Centre d’Aménagement Linguistique de I’IRCAM) a déjà édité par le biais de son UER (Unité d’Eude et de Recherche) une terminologie grammaticale, un lexique des médias et un vocabulaire de l’amazighe de base 1, visant ainsi l’accompagnement de
1- La coordination entre les différents pôles d’aménagement du berbère a commencé à aboutir ces dernières années. Avec la convention signée entre le CRB (INALCO-France) et l’IRCAM (Maroc). Le résultat est la confection d’un vocabulaire grammatical (coordination entre Kamal Nait Zerrad et Boumalek Abdellah).
Cette tendance se repère également en Algérieoù le HCA a édité un vocabulaire des médias, des travaux néologique relatifs à différents domaines [lexique de la littérature de M. A Salhi (2003) et lexique de la rhétorique de K. Bouamara (2007)] visant prioritairement le renforcement de l’enseignement de l’amazighe en outils didactiques indispensables et dont les besoins se font sentir au quotidien.
....- Teacher: DOUIK eps TIGRINE RAZIKA
- les procédés de créations lexicales berbère
1. La création morphologique
On range sous cette classe les deux principaux modes de formation lexicale, à savoir la composition et la dérivation. Elle consiste dans la combinaison de morphèmes et de lexèmes
provenant du stock lexical de la langue considérée pour former de nouvelles unités lexicales.
La dérivation et la composition sont deux procédés universels d’enrichissement lexical, mais dont les frontières sont floues. la composition se définit comme « une formation d’une unité sémantique à partir d’éléments lexicaux susceptibles d’avoir par eux-mêmes une autonomie dans la langue » alors que la dérivation consiste dans « l’agglutination d’éléments lexicaux, dont un au moins n’est susceptible d’emploi indépendant, en une forme unique » J. Dubois et All [1].
La distinction entre ces deux procédés s’appuie ici sur le critère d’autonomie des formants mis en évidence dans toutes les définitions rencontrées. Celui-ci échoppe pourtant dans bien de cas où des unités lexicales incluses dans l’une ou l’autre catégorie — dérivation ou composition ne sont pas couvertes par les définitions ci-dessus. En effet, les composants suivants : mal-,après-, sous- et entre-, rentrant dans la formation des mots : malheureux, après-midi, sous alimenté et entrevoir, sont considérées tantôt comme des affixes tantôt comme des lexèmes, car ils sont susceptibles d’emploi indépendant dans la langue. D’ autre cas viennent encore relativiser l’autonomie caractérisant les éléments formants certains
2. Les procédés de formation lexicale en amazighe
ne se rencontre seul dans la langue. Cette situation est caractéristique des unités dont un, aumoins, de ces composants est d’origine grecque ou latine.
Martinet[2] (1985 : 38) parle dans ce cas de con-fixation et les éléments formant le synthème
(l’unité obtenue) sont désignés comme des confixes. Le synthème ainsi formé, quant à lui, est dit par analogie au termes dérivé et composé, un confixé. Gaudin et Guespin (2000 : 257) concluent au fait que « les notions de dérivés et de composés constituent donc des catégories permettant de décrire les principales règles de construction de mots (…), construits pour les besoins de la description : des faits marginaux, mais non négligeables rentrent difficilement dans leur cadre. Par ailleurs, le souci d’une définition claire et univoque pour chacun des deux modes de formation lexicale, a amené J. Gardes-
Tamine (2005 : 80) a formulé une proposition devant faire le départ entre ces deux procédés : « on définit celle-ci (la composition) comme la juxtaposition de deux éléments qui peuvent servir de base à des dérivés. » Ainsi, à coté de chou-fleur, le mot anthropologie, formé sur des bases grecques est considéré comme un composé puisque on peut avoir par dérivation anthropien et logistique.
Enfin, dérivés et composés ont en commun le fait de se comporter dans le discours comme des unités lexicales simples susceptibles d’apparaître dans les mêmes contextes. Pour les types décomposés et de dérivés ainsi que les exemples qui leur correspondraient, nous ne tiendrons
compte dans leur présentation en langue amazighe que du cadre général définissant la dérivation et la composition (basé sur le critère d’autonomie des composants) indiqué ci-dessus. La dérivation et la composition sont les deux procédés fondamentaux de la synthématique berbère.
- La composition combine deux lexèmes et/ou plus,
- quant à la dérivation, elle joint un morphème (un affixe) à une racine ou base lexicale. Cette dernière procédure constitue en berbère un système essentiel dans l’économie générale de la langue. Elle est « le pivot, non seulement du lexique, mais aussi de la syntaxe de l’énoncé verbal. » (S. Chaker 1984.176)La dérivation grammaticale combine des bases lexicales et des morphèmes dérivationnels. Ceux-ci constituent un paradigme très restreint, stable et d’une productivité très élevée et concernent essentiellement la voix ou la diathèse. Leur rôle est de déterminer l’orientation du prédicat verbal par rapport aux participants. Ce sont de ce fait plutôt « des modalités d’orientation du procès verbal que des marques du verbe lui-même. » note Chaker (1984 : 124)
- il y a dérivation verbale et dérivation nominale ( voir le cour sur la dérivation)
[1] J. Dubois et All, op.cit. p.4 :106,136.
- Teacher: DOUIK eps TIGRINE RAZIKA
La "Recherche documentaire" s'adresse aux mastérants des spécialités "Littérature" et "Linguistique" sous forme de groupes séparés en vue d'assurer l'adaptation le plus efficacement possible des séances de TD.
Des mini- projets sont réalisés en sous- groupes de travail (entre 3- 5 étudiants).
La plupart optent pour la remise de leurs travaux par écrit (dont une minorité à la frappe).
Quelques sous- groupes VOLONTAIRES procèdent à la présentation orale de leurs travaux, suivi de débats/ discussions, de questions, et de recommandations par l'enseignante.